Du latin concupiscere, désirer ardemment (même origine : cupere, désirer, convoiter, d'où est tiré le nom romain du dieu de l'Amour, Cupidon, identifié à l'Éros des Grecs). Dans la langue courante, concupiscence désigne le penchant à jouir des biens sensibles, voire l'attachement aux plaisirs sensuels. Dans la langue philosophique et théologique, l'amour de concupiscence se distingue de l'amour de complaisance et de l'amour de bienveillance. L'amour de concupiscence tend à la satisfaction des désirs éprouvés par le sujet qui aime (c'est un amour égocentrique, intéressé). L'amour de complaisance trouve son plaisir dans le bonheur que ressent l'être aimé (c'est un amour allocentrique, désintéressé). L'amour de bienveillance recherche le bien de la personne aimée (c'est un amour altruiste, une générosité en quête de ce qui est bon pour autrui).
Ces distinctions, établies au Moyen Âge, sont toujours en vigueur à la période classique (François de Sales, Descartes, Malebranche, Bossuet). La scolastique médiévale ne les a pas forgées de toutes pièces. La volonté de bien (« bienveillance »), la volonté qui prend plaisir au contentement d'autrui (« complaisance ») […]
