2. Luttes post-conciliaires, Constantinople et Rome
Pour des raisons fort complexes, la définition de Chalcédoine ne fut finalement pas acceptée par les Églises copte, syrienne et arménienne, ni par les Églises qui en sont nées : Église d'Éthiopie, Église syrienne de l'Inde. L'une de ces raisons fut la prétention de l'État byzantin à imposer l'orthodoxie : l'Église et l'Empire y perdirent leur unité et affrontèrent, affaiblis, la conquête musulmane. En ce sens, au moins, Eutychès a préparé les voies de Mahomet.
Enfin Chalcédoine fut le premier concile œcuménique à légiférer sur le monachisme, phénomène charismatique qui trouve désormais une place institutionnelle dans le christianisme. C'est l'intervention croissante des moines dans les questions doctrinales, en concurrence directe avec l'épiscopat, qui rendit sans doute nécessaire cette initiative.
Parmi les canons du concile, il faut encore retenir le vingt-huitième qui accorde à Constantinople des privilèges égaux à ceux de Rome, parce qu'elle est « honorée de la présence de l'empereur et du sénat et jouit des mêmes privilèges que l'ancienne ville impériale ». Ce canon, cassé par le pape saint Léon, révèle un grave malentendu entre l'Orient et l'Occident sur la nature profonde de la primauté dans l'Église. Au principe religieux, affirmé à Rome, l'Orient oppose un principe politique. Cette divergence n'est sûrement pas étrangère à la consommation du schisme de 1054, qui se consolidera d'autant plus aisément que le refus de reconnaître Chalcédoine opposé par les Églises non byzantines avait laissé Latins et Grecs seuls face à face.
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