3. L'évaluation des biens en comptabilité : coût historique et juste valeur
Ce qui distingue la comptabilité d'autres instruments de comptage, c'est qu'elle repose sur l'évaluation en monnaie. Celui qui compte le nombre des boîtes de conserve de toutes sortes posées sur les étagères d'une épicerie fait du pur comptage. Par contre, s'il donne à chacune de ces boîtes une valeur et calcule par sommation la valeur de l'ensemble, il fait de la comptabilité.
Le problème de l'évaluation des biens est donc le problème fondamental que doivent traiter les comptables. Pour ce faire, ils recourent à des conventions qui ont varié au cours du temps et qui peuvent différer d'un pays à l'autre.
• L'évaluation à partir du coût historique
Lorsqu'un bien « rentre » en comptabilité, il paraît logique, et c'est l'usage, de lui donner pour valeur le prix payé pour l'acquérir ou le coût supporté pour le produire. Mais cette valeur initiale, dite historique ou brute, perd plus ou moins rapidement sa signification économique à mesure que le temps passe. Chacun sait par exemple que la valeur d'un véhicule automobile s'écarte de son prix d'achat dès qu'il est acheté. Le problème de l'évaluation se pose donc en particulier à chaque fois que l'entreprise élabore son bilan.
Jusqu'à une époque très récente, l'usage, consacré par la normalisation de tous les pays, voulait qu'au moment de l'établissement du bilan, on estime la valeur nette d'un bien, en déduisant de sa valeur historique une estimation de la dépréciation subie par ce bien depuis son entrée en comptabilité. Lorsque cette dépréciation présente un caractère inéluctable, c'est en général le cas lorsque le bien est une immobilisation, elle est appelée amortissement. Lorsqu'elle présente un caractère accidentel et éventuellement réversible, c'est le cas lorsque le bien est un stock ou encore une créance, elle est appelée simplement dépréciation.
Cette façon d'évaluer les actifs à partir de leur coût historique relevait d'un principe dit de prudence qui, par ailleurs, interdisait de constater les accroissements éventuels de valeur de certains biens. Ce second aspect de l'application du principe de prudence a pour conséquence une sous-évaluation de certains actifs et explique la contestation dont l'évaluation à partir du coût historique fait l'objet. Ainsi, le normalisateur international préconise-t-il, au moins pour certains biens, une évaluation en juste valeur.
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