2. La méthode d'élaboration du modèle comptable : la partie double
Au xive et au xve siècle, en pleine Renaissance, va naître en Italie du Nord cette méthode de la partie double (partita doppia) encore pratiquée par les entreprises contemporaines. Elle sera notamment exposée dans l'état que nous lui connaissons par le moine franciscain Luca Pacioli dans sa Summa di arithmetica, geometria, proportioni, et proportionalita (Traité d'arithmétique, de géométrie, des proportions et de la proportionnalité), le premier ouvrage (1494) – un traité de mathématiques – qui parle de comptabilité.
Cette méthode, bien qu'antérieure historiquement au bilan, peut aujourd'hui s'interpréter par référence à celui-ci. On peut en effet considérer qu'elle consiste à analyser l'impact sur l'équation de bilan des diverses opérations de l'entreprise et des différents événements qui l'affectent directement.
Ainsi, d'une opération d'achat à crédit auprès d'un fournisseur (fig.3, opération 1) d'un montant de 100, on retient qu'elle fait apparaître un nouvel élément à l'actif du bilan et une nouvelle dette, envers un fournisseur, à son passif de ce montant de 100. Ultérieurement, quand le fournisseur est réglé (opération 2), on fait disparaître la dette de celui-ci du passif et on diminue à l'actif les disponibilités d'un montant équivalent. Si, par la suite (opération 3), la marchandise achetée 100 est revendue à crédit 150, on fait disparaître cette marchandise de l'actif pour 100, on enregistre à l'actif une créance-client de 150 et, pour finir, on augmente les capitaux propres du bénéfice réalisé de 50.
Cette méthode d'analyse de la vie économique de l'entreprise, dite de la ou en partie double parce qu'elle implique au moins deux inscriptions pour chaque opération enregistrée, « conserve » l'équilibre du bilan puisque tout flux qui affecte l'un des éléments (actif, dettes ou capitaux propres) de l'équation sous-jacente est compensé par un ou plusieurs flux sur cet élément ou l'un des deux autres.
Ce […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 6 pages…



