4. La castration
La question décisive du complexe d'Œdipe, c'est celle de sa fin : de ce qui y met fin et pose, à la limite, la nécessité de sa destruction (indique comme limite sa destruction), et pourtant laisse à la fin ce reste, notre destin, cette voix du dehors qui résonne encore en nous. Problème, celui de l'interminable, sur lequel vient buter la pensée de Freud : butée en effet, écueil où doit se briser, avec l'œdipe, la pensée elle-même.
D'où vient en effet que le complexe d'Œdipe doive disparaître, ou du moins que les désirs œdipiens doivent être suspendus, et du fait même de ce retard déplacés de leur lieu de naissance, déportés vers des lieux étrangers ? D'où vient qu'avant l'été de la puberté déjà le froid doive les recouvrir ? « Mais vient le temps, dit Freud, où le gel endommage cette floraison précoce ; aucune de ces amours incestueuses ne peut échapper au sort du refoulement » (« On bat un enfant »). Le temps ici, dans sa venue inéluctable, est pure nécessité du passage, pas, mais aussi, ou plutôt identiquement, fonction de la répétition, figure de ce qui, comme sort ou fatalité, sort de l'histoire, sort de ce fond inaccessible parce qu'aucun sol ne le constitue sinon justement la répétition elle-même, le temps ici est forme pure de la nécessité. « Le plus vraisemblable est qu'elles [ces relations amoureuses] passent parce que leur temps est révolu, parce que les enfants entrent dans une nouvelle phase de développement dans laquelle ils sont obligés de répéter, du fond de l'histoire de l'humanité, le refoulement du choix d'objet incestueux, comme ils avaient été plus tôt poussés à procéder à un tel choix » (ibid.). Ainsi n'est-ce pas seulement la règle de la société, mais la loi du temps lui-même qui intervient, non pas seulement la force contraignante d'un schéma culturel, mais la nécessité même, la force contraignante de la répétition (la Wiederholungszwang), c'est-à-dire la force de ce qui, au-delà du principe de réalité, en tant qu'il se fait valoir dans l […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 8 pages…



