5. Les queues
Les queues des comètes prennent naissance près du noyau, traversent la coma et s'étendent sur des distances considérables. On distingue deux types principaux de queues cométaires et un troisième, moins fréquent, apparenté au deuxième et appelé anti-queue.
La queue de type I, ou de plasma, est droite et fait un angle de quelques degrés avec le rayon vecteur (ligne joignant le Soleil à la comète), dans la direction opposée au mouvement ; le spectre, qui est celui des ions déjà rencontrés dans la coma, est souvent dominé par le bleu de l'ion CO+. Les queues ioniques présentent fréquemment des structures complexes et l'on y observe des inhomogénéités se déplaçant à des vitesses de l'ordre de 10 à 100 kilomètres par seconde et subissant des accélérations considérables qu'on ne peut imputer au seul rayonnement solaire. C'est ce qui a conduit Ludwig Biermann à postuler l'existence du vent solaire, dont le flux de protons et d'électrons se déplaçant à quelque 400 kilomètres par seconde entre fortement en interaction avec la queue cométaire et est responsable des instabilités de plasma. Les queues ionisées s'étirent sur plusieurs millions de kilomètres et sont autant de traceurs de l'activité du vent solaire mais ne concernent pas directement la physique cométaire.
On identifie deux zones importantes ; en premier lieu, la source des ions que l'on observe à courte distance du noyau (CO+ et H2O+ principalement) ; on admet que le rayonnement solaire ne peut suffire à produire ces ions et que l'interaction du vent solaire avec l'atmosphère raréfiée peut induire des décharges électrostatiques (instabilité de faisceau) susceptibles d'ioniser les molécules ; en second lieu, l'interaction de l'ionosphère avec le vent solaire doit former une onde de choc en amont du noyau ; cette onde dévie le flux supersonique du plasma solaire. Ce sillage magnétohydrodynamique pourrait expliquer les structures très fines observées au sein des queues de type I, et qui ressemblent à des rayons lumin […]
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