Écrivain latin, Columelle fut contemporain des règnes de Claude et de Néron. Après avoir été tribun militaire dans la VIe légion, la « légion de fer », cet Espagnol se retire dans son pays, non loin de Gadès (Cadix), sur un vaste domaine où il se consacre à sa passion pour l'agronomie. Son œuvre littéraire est étroitement liée à cet amour pour la terre. Il écrit, en effet, un abrégé sur l'agriculture (dont il nous reste le livre II, sur les arbres) mais surtout un traité complet, De l'économie rurale (De re rustica), en douze livres, à la fois technique et poétique. Ce traité développe les sujets suivants : l'utilité et l'agrément de l'économie rurale (liv. I) ; la culture des champs (II) ; la viticulture (III, IV, V) ; le gros bétail (VI) ; le petit bétail (VII) ; la basse-cour (VIII) ; les abeilles (IX) ; le jardinage (X) ; les devoirs de l'intendant et de sa femme (XI et XII). Le livre X est particulièrement intéressant : écrit en vers, il répond au vœu de Virgile de voir un jour comblée par un chapitre sur le jardinage la lacune des Géorgiques. Mais Columelle ne perd pas de vue l'aspect pratique du sujet ; dans sa préface en prose, il explique qu'à une époque où le luxe fait monter le coût de la vie et interdit à la plèbe une nourriture trop chère la culture d'un jardin s'impose. Son jardin est donc rustique et productif. On retrouve ici le dessein des Géorgiques : réagir contre l'extension des grandes exploitations. L'agriculture ne s'improvise pas, Columelle en est conscient : de ce fait il faudrait que soient créées des écoles qui formeraient des spécialistes. La « poésie scientifique » de Columelle est d'une richesse et d'une précision techniques uniques dans l'Antiquité, et c'est pourquoi son traité a été lu avec tant d'intérêt jusqu'à la Renaissance.
Élizabeth BINE
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