4. La collection vient en France
L'achat par la France fut conclu en mai 1861, à la suite de tractations menées par un familier de l'empereur, le peintre Sébastien Cornu, assisté par un épigraphiste, Léon Renier. Entre-temps, la collection avait déjà subi des amputations. John Charles Robinson avait acheté des sculptures et majoliques de la Renaissance italienne, destinées au musée de South Kensington de Londres, ouvert en 1851 (l'actuel Victoria and Albert Museum). Surtout, Stepan Alexandrovitch Guedeonov s'était porté acquéreur, pour le musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg, d'un lot de 787 objets, composé de pièces choisies avec soin et souvent de grand intérêt, comme un remarquable couvercle de sarcophage étrusque en bronze représentant un jeune homme à demi couché dans la pose du banqueteur et une hydrie de bronze, trouvée à Cumes, désignée alors comme « la reine des vases » à cause de sa qualité artistique. En outre, certaines pièces restèrent en Italie ce qui permit à la Belgique d'acquérir en 1863 77 vases, aujourd'hui au musée du Cinquantenaire de Bruxelles ; d'autres objets passèrent dans des musées italiens, à Rome et Florence. L'énorme collection, dont les Catalogues Campana, rédigés en 1857-1858, décrivant la présentation dans la villa-musée du Latran, permettent de se faire une idée, se trouve pour ces différentes raisons aujourd'hui disloquée entre plusieurs pays. Cette dispersion est encore aggravée par le fait que, en France, où est parvenue la grande majorité des objets, la collection n'a pas été maintenue dans son unité, mais a été répartie entre le Louvre, à Paris, et une centaine de musées de province ; même Alger, objet de la sollicitude personnelle de Napoléon III, a reçu un lot Campana.
Le matériel de la collection, réparti dans 880 caisses, prit d'abord la direction du palais de l'Industrie, sur les Champs-Élysées, à l'emplacement des Grand et Petit Palais actuels, qui avait été construit pour l'Exposition universelle de 1855. Réuni aux objets rapportés d'Orient par des mission […]
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