Notaire romain de petite naissance, Cola di Rienzo s'exalte aux souvenirs des grandeurs de la Rome antique. Instigateur d'une révolte populaire tendant à restaurer le régime communal, le 20 mai 1347, il se fait céder par la foule romaine les plus grands pouvoirs. Ses partisans sont avant tout des popolani, animés d'un fort esprit antinobiliaire. Surpris, le pape Clément VI légalise le coup de force. Les nobles sont contraints à l'obéissance, une milice est armée, l'approvisionnement de la ville est assuré. Mais, très rapidement, ce tribun érudit, se proclamant « libérateur de la sacrée république romaine », prétend rendre à sa ville son importance universelle : Rome est déclarée capitale du monde, et c'est au peuple romain qu'est dévolue l'élection impériale ; les Italiens sont citoyens romains et jouissent de la liberté romaine. La commune de Rome ressuscite, parée, dans l'esprit de Cola, de toutes les vertus de la République antique. En août 1347, lui-même « révèle » qu'il est une sorte de messie-empereur. Dès lors, il inquiète : le légat Bertrand du Deux est chargé par Clément VI de le poursuivre comme hérétique. Victorieux d'une révolte des barons, il s'aliène par d […]
