Sans doute un des plus grands parmi les anthropologues américains de ce siècle, Kluckhohn exerça une influence considérable sur les sciences sociales anglo-saxonnes. Pendant toute sa vie, il étudia en ethnographe les Indiens Navajo. Il tenta, à partir de ces recherches, d'élaborer une théorie de la culture, surtout dans le domaine des modèles culturels (patterns) et des valeurs. Il fut aussi un enseignant prestigieux et un animateur de recherche dynamique qui forma plusieurs générations de chercheurs, d'abord à l'université du Nouveau-Mexique (1932-1934), puis à Harvard, où il passa ensuite la totalité de sa vie académique (1935-1960). Enfin, il fut fréquemment consulté par les instances nationales et internationales dans le domaine de l'anthropologie appliquée. Ses activités s'étendirent aussi, entre autres, à la psychanalyse, à la psychologie, à la linguistique, à l'archéologie et à la génétique humaine. Ses deux plus grands titres de gloire demeurent, cependant, d'une part ses contributions fondamentales à l'étude des Navajo et d'autre part son œuvre théorique autour du concept de culture.
C'est à l'âge de dix-sept ans qu'il apprit le navajo et commença à étudier les coutumes de ces Indiens du Nouveau-Mexique et de l'Arizona. Ses deux premiers livres (To the Foot of the Rainbow, 1927, et Beyond the Rainbow, 1933) popularisèrent auprès d'un vaste public la culture de ce peuple. C'est à partir de 1936 que commencèrent à paraître ses études les plus approfondies sur les cultures indiennes du sud-ouest des États-Unis. Avec son ami Leland C. Wyman, il publia deux solides monographies (Navaho Classification of Their Song Ceremonials, 1938, et An Introduction to the Navaho Chant Practice, 1940) et, seul, un de ses meilleurs livres, Navaho Witchcraft (1941), où il intègre à la fois la description ethnographique, la psychanalyse, la théorie de l'apprentissage et la théorie de la structure sociale. Plus tard, il écrivit, en collaboration avec Dorothea Leighton, The Navaho (1946) et Children of the Peopl […]
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