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EASTWOOD CLINT (1930- )

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3.  L'héritage en question

Peintre de l'Amérique, de ses mythes et de son histoire, Clint Eastwood ne pouvait contourner un genre où s'affrontent à la fois la violence individuelle et l'établissement de la Loi, avec leurs justifications respectives : le film de guerre, par ailleurs genre majeur du cinéma hollywoodien. Il l'aborde en 1986 avec Heartbreak Ridge (Le Maître de guerre). Mais, alors que règne la mauvaise conscience américaine à l'égard du Vietnam, il joue, comme autrefois un Raoul Walsh ou un Samuel Fuller, le jeu du vétéran Tom Highway, ivrogne et déchu, entraînant un commando de marines. En 2006 et 2007, il propose un diptyque – coproduit avec Steven Spielberg – autour de la bataille d'Iwo Jima, qui marqua en 1945 la fin de la guerre du Pacifique. Ce fait d'armes, déjà glorifié par Hollywood (Sands of Iwo Jima, d'Allan Dwan, 1949), fut relayé dans la presse par une photo du reporter Joe Rosenthal montrant six marines hissant la bannière étoilée au sommet du mont Suribachi. C'est de cette image, donc du point de vue américain, que part Flags of Our Fathers (Mémoires de nos pères). Comme pour le western, Clint Eastwood explore moins la bataille qu'il ne s'interroge sur sa commémoration, d'autant que l'on sait que cette photo a été « posée », reconstituée après l'événement lui-même. Le film, et plus encore le second volet, vu cette fois du côté japonais (Letters from Iwo Jima [Lettres d'Iwo Jima]), décrit sans détours la barbarie de cette bataille, quelques mois avant que n'explosent les bombes d'Hiroshima et de Nagasaki. Clint Eastwood inscrit cette tragédie dans le cadre de son exploitation médiatique et surtout à travers cette préoccupation qui traverse toute son œuvre : que peuvent transmettre les pères, biologiques ou symboliques (c’est encore le thème de Gran Torino, 2009, et d'Invictus, 2010) – ou les artistes –, à leurs descendants (au public), et comment ? 

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Impitoyable, C. Eastwood. Magnum Force, T. Post

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