Pour différentes raisons socio-historiques, la musique des Noirs de la Louisiane francophone ne s'est que très tardivement distinguée de celle des Blancs cajuns. D'abord appelée « la-la », cette musique noire s'est écartée de la musique cajun à mesure que celle-ci se rapprochait de la country music. Dans les années 1940, les Noirs créent leur propre genre musical, qui prendra le nom de zydeco. Ce terme provient probablement de « zarico » (les haricots, en patois louisianais), qui désignait les Noirs les plus pauvres, ceux qui n'avaient pas les moyens d'acheter de la viande et qui se nourrissaient donc essentiellement de cette légumineuse. Ce zydeco conserve tout d'abord de très fortes racines de musique cajun : domination de l'accordéon, présence fréquente du violon fiddle, utilisation intensive des valses, two-steps et ballades cajuns. Mais ces éléments se combinent peu à peu avec d'autres venant des musiques noires : fort accent mis sur le blues, guitare électrique, saxophones, utilisation de plus en plus importante de l'anglais. L'accordéoniste, harmoniciste et chanteur Clifton Chenier peut légitimement être considéré comme le principal père du style zydeco.
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