Fils d'un chambellan de la cour wurtembergeoise, Claus von Stauffenberg descendait par sa mère de deux généraux célèbres de l'époque napoléonienne dont Gneisenau, héros de la guerre de la libération contre les Français. Beau, doué pour les exercices physiques autant que pour les recherches de l'esprit, Stauffenberg puise au sein d'une famille cultivée, raffinée et ardemment catholique la source de son mysticisme ; celui-ci s'épanouit dans le sillage du poète Stefan George dont il est l'un des disciples. Élève officier au 17e régiment de cavalerie du Bamberger Reiter, il entre dix ans plus tard, en 1936, à l'École de guerre de Berlin. Après avoir combattu en Pologne et en France, il participe pendant quelques mois à la guerre sur le front russe. C'est là, où il a été le témoin des cruautés de l'occupation allemande, que Stauffenberg conçoit le projet de libérer conjointement son pays de Hitler et la Russie de Staline. Au début de 1943, il est envoyé sur le théâtre des opérations en Tunisie ; quelques jours plus tard, sa voiture saute sur une mine, lui enlevant la main et l'œil droits. Soigné à Munich, il est ensuite envoyé à Berlin avec le grade de colonel et il entre à l'état-major du général Olbricht. Ayant adhéré sincèrement au national-socialisme à ses débuts, Stauffenberg a désormais perdu ses illusions ; il est converti à un socialisme d'inspiration religieuse et convaincu qu'il doit délivrer sa patrie. Il se situe à la « gauche » de la conspiration avec Olbricht et Moltke, tandis que l'aile conservatrice, « réactionnaire », est représentée par Beck et Goerdeler. Moltke est arrêté en février 1944 et l'Abwehr dont le chef, l'amiral Canaris, partage les convictions, est étroitement surveillé par la Gestapo. Déjà plusieurs attentats contre le Führer ont échoué ou n'ont pu trouver un commencement d'exécution.
Au début de juillet, Stauffenberg est promu chef d'état-major de l'armée de l'intérieur, force destinée à assurer la sécurité dans les grandes villes. Sa nouve […]
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