Né à Nancy en 1929, dans une famille d'artistes dont le nom est attaché, depuis l'Art nouveau, au prestige culturel de la capitale lorraine, Claude Prouvé exprime très tôt sa passion pour la peinture et pour l'architecture. Enfant, il se plonge dans les Cahiers d'Art, la revue de Christian Zervos à laquelle il doit, dit-il, sa « première initiation artistique, en noir et blanc ». Il lit Le Corbusier, dont il découvre les livres dans la bibliothèque de son père – le célèbre constructeur Jean Prouvé – et cette lecture le captive : « J'admirais Le Corbusier à la mesure de l'estime qu'en avait mon père, et cela fut peut-être à l'origine de mon désir de devenir architecte. » En 1948, après de solides études techniques, il entre à l'École des beaux-arts de Nancy. Dans cet établissement encore marqué par la tradition de l'Art nouveau, la section d'architecture, bien qu'indépendante, côtoie les ateliers de bois et de métal, de gravure et d'imprimerie. Claude Prouvé se familiarise avec tous ces savoirs concrets, qu'il se refuse à détacher de l'architecture. Commencées sous la direction de l'architecte nancéien Roger Mienville, ses études se poursuivent, après son service militai […]
