En fonction sans doute de sa très vaste culture littéraire et de son attachement passionné à la musique de Mozart, Claude Prey a orienté sa création vers la composition musicale liée à une recherche théâtrale. Il fait au Conservatoire de Paris des études musicales classiques, mais rien n'est jamais classique pour son regard chargé d'humour. C'est ainsi qu'il se souvient d'avoir travaillé l'harmonie avec Messiaen, « mais il enseignait le rythme », et la composition avec Milhaud, « mais il enseignait la mélodie ».
La création de Prey part du constat personnel (à la fin de ses études) de la mort historique de la musique comme art séparé et indépendant, et de sa volonté d'engagement dans un théâtre qui serait tout à la fois événement, jeu et catharsis.
Il situe son travail dans la lignée des expériences de Brecht sur le théâtre et de celles de Moreno sur le psychodrame. Dans chacune de ses œuvres théâtrales, qui sont autant de recherches (Le Cœur révélateur, opéra de chambre, 1962 ; Jonas, opéra-oratorio, 1963 ; On veut la lumière ? Allons-y, opéra-parodie, 1968 ; Fêtes de la faim, opéra pour cinq comédiens, violoncelle et deux percuss […]
