5. Recherches sur le système nerveux
Dans l'œuvre scientifique de Claude Bernard, les recherches sur le système nerveux occupent une très grande place. Son premier inspirateur en ce domaine fut Magendie. Ce physiologiste avait observé qu'en excitant la branche lacrymale de la cinquième paire de nerfs crâniens, on faisait couler abondamment les larmes et que, au contraire, la section de ce nerf faisait cesser la sécrétion lacrymale. Ces faits suggérèrent à Claude Bernard l'idée d'un possible contrôle nerveux de l'activité des glandes digestives : salivaires, gastriques, hépatiques, pancréatiques, intestinales.
Claude Bernard entreprit donc, à partir de 1843, des expérimentations systématiques sur les effets de la section des nerfs spinal, vague, facial et des branches de la cinquième paire de nerfs crâniens. En 1844, il établit que la section des nerfs pneumogastriques arrêtait la digestion en paralysant les mouvements de l'estomac et en interrompant la sécrétion du suc gastrique. Les mouvements de ventilation respiratoire au niveau des poumons étaient également très ralentis, ce qui entraînait une diminution de la consommation de sucre dans les tissus.
Ces observations incitèrent Claude Bernard à rechercher un contrôle nerveux de la fonction glycogénique du foie. Le physiologiste réussit, en 1849, à déclencher un « diabète artificiel » (une glycosurie) chez le lapin, le chien ou divers oiseaux, en piquant avec une longue aiguille, directement à travers le crâne, le plancher du quatrième ventricule cérébral (un peu au-dessus de l'origine de la huitième paire de nerfs crâniens). Il conclut d'abord que ce « point diabétogène » du cerveau correspondait à une zone de contrôle (par les nerfs pneumogastriques) de la fonction glycogénique du foie ; il changea d'avis par la suite, après la découverte des nerfs vasomoteurs, et il évoquera alors un contrôle indirect de cette fonction par le système nerveux régulant la dilatation des vaisseaux sanguins. Cette interprétation n'était pas valable. Les neu […]
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