1. Classes d'âge et structures sociales
Défini comme l'ensemble des individus d'une population déterminée dont l'âge est compris entre des limites données, le groupe d'âge informel ne se confond pas avec la classe d'âge proprement dite. Celle-ci porte un nom, possède certains biens (blasons, rituels, chants), se désigne un chef, qui est chargé d'appliquer les décisions prises en commun. Ses membres accomplissent ensemble certains travaux d'utilité publique, s'amusent entre eux, se reconnaissent des obligations mutuelles, se sentent égaux et surtout solidaires dans leurs relations avec l'extérieur. Les systèmes d'échelles qu'on rencontre dans les clubs de certaines sociétés mélanésiennes (Banks Islands et Nouvelles-Hébrides) ont parfois été assimilés, à tort, aux vrais systèmes d'âge. Mais, comme Robert H. Lowie l'a montré jadis, ces échelons mélanésiens trouvent leur fin en soi ; ce sont des titres honorifiques avec peu de contenu concret. Dans un véritable système de classes d'âge, les fonctions attachées aux différents échelons sont importantes pour l'ensemble de la communauté et les rapports entre les classes sont bien fixés. Une telle institution se rencontre principalement en Afrique, au sud du Sahara. Elle est présente aussi dans certaines tribus des Indiens des Plaines et du Brésil. On la trouve en Inde à l'état sporadique. Un des cas les mieux connus est celui des Masaï d'Afrique orientale. Les échelons sont ici au nombre de sept : les garçons non encore initiés (ilaiyok) ; les jeunes gens ou guerriers (ilmurran), divisés en cadets et aînés ; les anciens (ilmoruak), divisés en cadets, aînés et retraités ; enfin, les vieillards (ildasati). Chaque échelon a ses normes de comportement, ses droits et ses devoirs dans la vie publique comme dans la vie privée. Ainsi, les ilmurran cadets protègent la communauté et ses troupeaux, servent de messagers et sont responsables de l'abreuvage du bétail en saison sèche. Ils ne mangent pas de viande en public et ont une coiffure particulière ainsi que des armes qui leur sont propre […]
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