Clara Goldschmidt, née en 1898 dans une famille de la bourgeoisie juive de Magdebourg établie à Paris, reçoit une éducation bourgeoise mais peu conventionnelle : à vingt-deux ans, elle rencontre, au local de la revue anarchisante Action, un jeune homme aux yeux et aux idées flottants pour lequel, écrira-t-elle dans Le Bruit de nos pas : « J'abandonnerai tout, comme les Évangiles l'exigent de ceux qui aiment : tu quitteras ton père et ta mère... » Le jeune homme, qui s'appelle André Malraux, déclare très vite à la jeune fille : « Je ne connais qu'une personne qui soit aussi intelligente que vous : Max Jacob ». Moyennant quoi, quelques semaines plus tard, il l'enlève et l'emmène à Florence. On se marie, en se jurant de divorcer très vite...
Au cours de leurs pérégrinations dans la bohème esthétique parisienne (Max Jacob, Ivan Goll, André Salmon, Pascal Pia, Florent Fels, Daniel-Henry Kahnweiler), ils rencontrent un érudit nommé André Salmony qui leur parle avec enthousiasme de l'art khmer laissé, selon lui, à l'abandon. Et les voilà au Cambodge, en 1924, où ils mettent bien la main, à Angkor, sur des merveilles, mais où leur « mission », éventée par les con […]
