Ville et port du Venezuela. L'exploitation des immenses gisements de fer guyanais du bas Orénoque (CiudadPiar, El Pao), l'équipement hydro-électrique du bas Caroní (en particulier, à Guri) et l'implantation d'un complexe sidérurgique sur les bords du fleuve ont entraîné, en 1961, la planification et le développement, sur l'emplacement d'un petit village de pêcheurs, de deux villes jumelles, Puerto Ordaz et San Félix, regroupées sous le nom de Santo Tomé de Guayana, puis de Ciudad Guayana. Sa population était d'environ 800 000 habitants en 2005. Cette agglomération extraordinaire est le produit des bureaux d'urbanisme. Son développement a répondu à trois buts : accroître la population et les activités de l'Oriente, traditionnellement oublié, pour contrebalancer le poids des Andes et la centralisation croissante autour de Caracas ; exploiter des ressources gigantesques, en minerais et en électricité, comme substitut au pétrole ; créer une industrie lourde nationale (sidérurgie), gage d'indépendance économique. Les vastes ressources hydroélectriques (barrages de Macagua et de Guri, ce dernier un des plus productifs au monde) ont attiré (pour utiliser des gisements de bauxite proches) des raffineries d'aluminium. Ciudad Guayana possède aussi des usines de transformation du bois, des mines de diamants, une industrie papetière et de produits semi-finis (matériaux de construction, tubes pour forage).
La population est venue de l'Oriente, à la suite de la décadence des champs de pétrole, des montagnes peuplées et pauvres du Nord-Est (Sucre) et, pour un faible contingent, des fermes d'élevage des llanos environnants. Les bacs sur l'Orénoque ont été remplacés par un grand pont suspendu à Ciudad Bolívar, qui relie l'État de Bolívar au nord du Venezuela. Puerto Ordaz est un port accessible aux grands navires minéraliers.
Bernard MARCHAND
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