4. Le Vatican et les puissances ou organisations internationales
Toutefois cet « État de la Cité du Vatican » est-il, à proprement parler, un État ? Depuis 1929, les juristes en discutent : ils se demandent si et comment ce beau cas d'espèce peut rentrer dans les définitions admises, ou si la règle générale peut souffrir cette exception. Les gouvernements avaient, dans la pratique, plusieurs possibilités, mais n'ont, à aucun moment, raisonné dans ces termes. Les juristes s'efforcent de définir une règle de droit ayant valeur générale et universelle. En regard de cela, la réalité internationale est faite d'États souverains que ne domine aucune instance supérieure : chacun n'est lié que par les engagements qu'il a souscrits et, pour le reste, demeure seul maître de ses décisions. Aucune organisation internationale n'a qualité pour décider ou reconnaître la création d'un nouvel État. Les États adviennent (ou disparaissent) suivant plusieurs scénarios et se reconnaissent entre eux selon un code classique ; l'O.N.U. et ses filiales suivent leur propre règle, qui donne des résultats un peu différents.
Pie XI s'est résolu en 1929 à une « conciliation » bilatérale, n'escomptant plus un acte international jusqu'alors jugé indispensable par la papauté. Il a ainsi redonné une assise territoriale à une souveraineté que la perte du pouvoir temporel n'avait ni supprimée, ni entamée, et qui n'avait jamais cessé d'être reconnue par les puissances internationales. Cette reconnaissance n'allait pas au monarque de l'État pontifical, ni à l'Église catholique, mais au pape, au Saint-Siège, près duquel étaient déjà accrédités les ambassadeurs. La France républicaine a elle-même montré l'exemple : elle a renoué en 1921 des relations diplomatiques qu'elle avait maintenues jusqu'en 1904 et supprimées à cette date pour des raisons purement internes, sans remettre en cause la séparation des Églises et de l'État instaurée en 1905. Nous avons affaire ici à une situation qui nous reporte à la chrétienté et qui lui a sur […]
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