3. Le rayonnement du Vatican
Le Vatican hors les murs, ce n'est pas encore tout le Vatican. De 1870 à 1929, l'histoire italienne et l'histoire ecclésiastique ont été dominées par le conflit dans lequel la « troisième Rome », moderne et libérale, s'affirma contre celle qui avait succédé à la « première », lors des invasions barbares, la « deuxième Rome », chrétienne et cléricale, qui réagit vigoureusement face à la formation de l'« unité » italienne. Ces querelles sont apaisées, et le temps des affrontements révolu. Le pape a renoncé à tout pouvoir temporel sur Rome, où il a conservé toute sa juridiction religieuse, mais il y détient beaucoup plus que l'un et l'autre, et sans commune mesure. Rome est devenue capitale de l'Italie, mais, comme Jérusalem, elle demeure enveloppée, pénétrée de sacralité. Si elle n'est plus « città sacra » depuis 1984, elle reste une ville sainte, sur laquelle Pie XII a montré toute son autorité pendant la Seconde Guerre mondiale et qu'à ce titre il a fait reconnaître comme ville ouverte par les belligérants. Aujourd'hui encore, aux yeux des foules catholiques et bien au-delà, elle est restée la ville du pape, la capitale du monde catholique (environ un milliard de catholiques au début du xxie siècle) et le centre visible de son unité. Il y a ceux qui ont affaire au Vatican et ceux, infiniment plus nombreux, qui viennent à Rome, en pèlerinage dans la Ville éternelle, pour voir et entendre le pape. Entre la République italienne et l'État de la Cité du Vatican, pas de poteaux-frontière, ni douane, ni contrôle des passeports. Un concordat règle les rapports religieux entre les deux puissances. Sa révision, longuement préparée et conclue en 1984, n'y a pas touché. Tout se passe à l'italienne. « À chacun ce qui est à lui », martèle chaque jour L'Osservatore romano ; mais on sait à Rome que chacun a partout sa place et son bien et que, si Dieu a créé les fleuves, les hommes ont inventé les ponts. On est dans une société où comptent beaucoup les relations p […]
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