Après le soulèvement du 18 juillet 1936 et leurs premiers succès contre les républicains, les troupes nationalistes des généraux Franco et Mola convergèrent vers Madrid. Elles étaient réparties en quatre colonnes. Cherchant le moyen de démoraliser leur adversaire, les responsables de la propagande franquiste eurent l'astuce, dans leurs émissions, de parler surtout de l'intervention proche et décisive de la cinquième colonne nationaliste qui fourbissait ses armes dans la capitale même du gouvernement républicain. Cette trouvaille, annonciatrice de la guerre psychologique, incita effectivement les républicains à renforcer leurs troupes affectées à la garde des points stratégiques de l'arrière, favorisant ainsi l'instauration d'un climat de suspicion propice aux épurations sanglantes et hâtives.
En mai-juin 1940, sur les routes de France, l'armée, engluée dans l'exode des civils, est en déroute. De bouche à oreille, une explication du désastre circule : « La cinquième colonne nous a vendus ! » Les Français, avides de se disculper de la défaite, seront tout prêts à croire, le cauchemar passé, au complot des pronazis et des profascistes de tous acabits. Qu'en était-il au juste […]
