Dès son apparition, à la fin du xixe siècle, le cinéma se distingue de tous les médias qui l'ont précédé. Une technique (la caméra, la pellicule, le projecteur) va trouver en quelques années son contenu (la séance, avec un ou plusieurs films ne dépassant pas deux heures) et sa pratique (la salle obscure aux programmes périodiquement renouvelés).
« Cette invention sans avenir », de l'aveu même des frères Lumière fait à Georges Méliès qui voulait en acquérir les brevets, aurait pu n'intéresser que les scientifiques. Tout au long du xixe siècle, les physiologistes avaient cherché à analyser le mouvement, et l'on sait que leurs travaux (Marey, Muybridge) ont concouru à l'avènement du cinématographe. Logiquement, celui-ci aurait dû trouver sa place au laboratoire. Entre le microscope et le télescope, qui déplacent les limites de l'œil humain et permettent de voir le trop petit et le trop loin, le cinéma permet de voir ce qui va trop vite (l'oiseau, le projectile) ou trop lentement (la croissance d'une plante). Ces applications existent bel et bien. Personne cependant ne confond le cinéma scientifique et le cinéma.
Celui-ci aurait pu […]
