2. Renaissance suédoise
Si le cinéma suédois, malgré ces défections, renforce son infrastructure et ses traditions artistiques, révélant de nouveaux cinéastes (John W. Brunius, Per Lindberg, Gustav Molander), l'étoile du cinéma danois pâlit entre les deux guerres, malgré les films d'Anders-Wilhelm Sandberg, souvent adaptés de romans de Dickens et malgré le succès de la série burlesque de Lau Lauritzen, Fy og Bi (Doublepatte et Patachon). Les films de ces deux pays s'exportent peu au temps du cinéma parlant. La Norvège et la Finlande se limitent à l'illustration de valeurs considérées comme nationales : sens de la nature et du rural, avec parfois des thématiques sociales en Norvège et une argumentation patriotique en Finlande.
La Suède devient le théâtre d'une véritable renaissance vers 1950, avec Alf Sjöberg, Arne Sucksdorff, Ingmar Bergman, Arne Mattson, sans oublier leur aîné Gustav Molander qui, comme Sjöberg, a mis en scène plusieurs scénarios de Bergman. Des succès internationaux comme Elle n'a dansé qu'un seul été (1951), d'Arne Mattson, et Mademoiselle Julie (1950), d'Alf Sjöberg, d'après la pièce de Strindberg, inaugurent un nouvel âge d'or du cinéma suédois. S'affirmeront alors les talents de Bo Widerberg (Le Quartier du corbeau, 1963 ; Elvira Madigan, 1967 ; Adalen 31, 1969), Jan Troell (Les Émigrants, 1971), Jörn Donner, Vilgot Sjöman et de la réalisatrice Mai Zetterling – ces trois derniers n'hésitant pas à affronter les tabous sexuels persistant dans le pays réputé le plus « libéré » d'Europe. Bergman, issu du théâtre auquel il restera toujours fidèle, a débuté dans la réalisation en 1945. Passant d'un réalisme à la fois poétique et pessimiste à une critique corrosive de la société, de la religion et du couple, il abordera des thèmes ouvertement métaphysiques, notamment à partir du Septième Sceau (1957), mêlés ultérieurement à des références autobiographiques, dans une série de chefs-d'œuvre universellement reconnus jusqu'à Fanny et Alexandre (1982). Bergman affirme alors qu' […]
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