4. Après la rétrocession
La peur de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, prévue pour 1997, a commencé en 1989, avec les événements de la place Tiananmen, sombre préfiguration, pour beaucoup, du scénario à venir. Les années 1990, celle de l'exode des principales vedettes vers les États-Unis, ont été désastreuses localement, sur un plan artistique et économique. Après avoir vécu au rythme de plus de deux cents films par an, ce qui plaçait Hong Kong au troisième rang mondial après l'Inde et les États-Unis, la production chute à cent films en 1997 et à cinquante en 1998, tandis que le chiffre d'affaires de l'industrie cinématographique passe de 1,2 milliard de dollars de Hong Kong (130 millions d'euros) en 1992 à 345 millions (37,2 millions d'euros) en 1999.
Avec le recul, le scénario catastrophe n'a pas eu lieu. Hong Kong a eu peur d'être absorbée par la Chine communiste. Mais en réalité la Chine continentale, en pleine mutation, a fait de Hong Kong son modèle économique. Depuis la rétrocession, la Chine n'aide guère le cinéma de Hong Kong, privilégiant Shanghai, ancienne capitale du cinéma chinois dans les années 1930. De même, l'espoir pour le cinéma de Hong Kong de conquérir le marché chinois grâce à la rétrocession n'a pas eu lieu, car il est toujours considéré comme un cinéma étranger et reste bloqué par les quotas d'importation.
Que reste-t-il du cinéma de Hong Kong, affaibli par les années 1990 ? Si certains semblent partis pour ne plus revenir (l'acteur Jet Lee, Chow Yun Fat, l'actrice Michelle Yeoh, le réalisateur John Woo et Ringo Lam), d'autres sont revenus, suite à une déconvenue (Tsui Hark, après Double Team et Piège à Hong Kong, réalise à Hong Kong en 2001 un « polar », Time and Tide, puis un film de sabre, Seven Swords, en 2005) tandis que Jacky Chan, habilement, a su garder un pied à Hong Kong tout en essayant de conquérir le marché américain, ce qu'il fait avec Rush Hour (1998), où il partage la vedette avec Chris Tucker.
Aujourd'hui, le cinéma de Hong Kong est devenu un p […]
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