2. La naissance du ci
Les critiques contemporains, sans nier les ressemblances qui existent entre les deux genres, préfèrent réserver le terme de ci aux nouvelles mélodies (xin sheng) qui sont apparues depuis les Tang (618-907). Ils reconnaissent l'apport prédominant de la musique barbare et le rôle joué par les moines bouddhistes dans la propagation de ces airs nouveaux. De nombreux textes à chanter nous sont transmis dans des manuscrits où ils se trouvent mêlés à des textes bouddhiques. Quant au rôle joué par les chanteuses et les courtisanes, il n'est plus contesté.
La découverte, en 1917, de manuscrits dans les grottes des Mille Bouddhas à Dunhuang a contribué à une meilleure connaissance du genre. Ces poèmes, souvent anonymes, racontent, dans un langage simple, la vie du petit peuple, ses amours et ses peines, comme en témoignent les vers suivants :
[…]Tu m'as dit tant de menteries ;
Tu parles de venir chaque nuit,
À la minuit je pince le luth, esseulée,
Quand le chant prend fin, l'amour est brisé.
Assise solitaire à la minuit,
Je verse des pleurs et l'encens bleuit.
Où vas-tu chercher l'amour et l'ivresse
[au lieu de revenir ?
Chagrine, je m'endors sous l'édredon brodé.
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



