Chypre demeure divisée en 2010, mais les échanges et les négociations prennent de plus en plus le pas sur les tensions et les violences. En avril, Dervis Eroglu est élu à la présidence de la République turque de Chypre du Nord, succédant à Mehmet Ali Talat. Les discussions amorcées en 2008 entre ce dernier et Demetris Christofias, président de la partie grecque de l'île, se poursuivent, même si Dervis Eroglu adopte une approche différente de celle de son prédécesseur. Il considère en effet que l'essentiel est d'obtenir la souveraineté de la partie turque de Chypre, et non de créer une confédération, mais il indique que les négociations pourraient aboutir d'ici à la fin de l'année, en supposant que la question de la propriété foncière soit résolue au préalable. Les discussions officielles sont cordiales, mais la guerre des mots continue, tout comme les actes sporadiques de violence entre communautés. Une cellule de communication associant Chypriotes grecs et turcs est mise en place pour s'occuper des actes de criminalité et de leurs auteurs de part et d'autre de la frontière. Les deux parties prennent des mesures visant à préserver et à restaurer églises et mosquées et à faciliter les déplacements d'une zone à l'autre de l'île pour les pèlerinages.
Nombre d'habitants sont plus préoccupés par la situation économique que par le climat politique, car la crise mondiale provoque une chute de la fréquentation touristique et une hausse de la dette publique, du chômage et de l'inflation. Le gouvernement chypriote grec opère une réduction des dépenses et augmente les recettes de l'État, décisions qui atténuent légèrement les effets de la crise, sans toutefois freiner l'inflation. Les autorités turques adoptent des mesures similaires, lesquelles provoquent des émeutes et des grèves. Mais des problèmes extérieurs touchent également l'île. Ainsi, à la fin du mois de mai, une flottille internationale chargée d'aide humanitaire, faisant route de Chypre vers Gaza, est interceptée par les forces israéliennes. Le gouvernement chypriote déclare alors qu'il n'autorisera plus aucun navire à partir de l'île à destination de la bande de Gaza, en dépit de son soutien à la cause palestinienne.
En septembre, le Muséum national d'histoire naturelle de la Smithsonian Institution de Washington inaugure l'exposition Cyprus : Crossroads of Civilizations afin de célébrer le cinquantième anniversaire de l'indépendance de Chypre. Les pièces présentées à cette occasion couvrent les onze mille ans d'histoire de l'île.
George H. KELLING
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