Le 19 avril 2009, lors des élections législatives en République turque de Chypre du Nord (reconnue uniquement par la Turquie), la victoire des nationalistes, partisans d'une confédération entre les deux États, fait craindre une remise en cause du processus de réunification de l'île.
Le président chypriote Demetris Christofias et le dirigeant de la partie nord de l'île, Mehmet Ali Talat, se rencontrent au cours de l'année sous les auspices des Nations unies afin de discuter d'un certain nombre de questions, parmi lesquelles le partage des pouvoirs et la gouvernance, les régimes fonciers, la sécurité et l'avenir de la force turque dans le nord de l'île. Ils conviennent, en juin, d'ouvrir un septième point de passage entre le sud et le nord. Le premier cycle de réunions se termine en août ; l'ouverture du deuxième, en septembre, est reportée de quelques jours à la suite d'un incident au cours duquel des centaines de Chypriotes grecs partis en pèlerinage auraient été retardés par les autorités chypriotes turques lors de leur passage à la frontière. Malgré la reprise des négociations, les deux dirigeants s'avouent déçus par le peu de résultats concrets obtenus.
Parallèlement à ces discussions sur l'avenir politique de l'île, des sondages d'opinion réalisés de part et d'autre de la frontière indiquent que la population s'intéresse davantage aux questions économiques que politiques. Le bilan économique de l'année 2009 est en effet mitigé. La partie grecque de l'île voit son P.I.B. augmenter légèrement, alors que tous les autres États membres de l'Union européenne enregistrent une baisse de leur taux de croissance. La partie turque de Chypre souffre quant à elle d'un déclin du tourisme, en particulier de la chute du nombre de visiteurs venus de Turquie. Ses cinq universités subissent elles aussi une baisse des inscriptions d'étudiants venus de Turquie. Cette partie de l'île voit également un grand nombre de propriétés mises en vente (environ 10 000) et affiche une balance commerciale négative avec la zone grecque. Ces difficultés sont quelque peu atténuées par les subventions que lui verse Ankara.
George H. KELLING
Universalis
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