Comme les Grecs de l'Antiquité, les Byzantins nous ont laissé une ample littérature historique. La transmission de ce savoir fut assurée par les historiens et par les chroniqueurs. Si les historiens traitent de périodes limitées dans le temps et emploient une langue recherchée, imitant celle des auteurs classiques, les chroniqueurs ont pour objet de narrer l'histoire universelle depuis la création du monde jusqu'à leur époque, ce qui leur interdit d'écrire un récit comprenant de nombreux détails. À la différence des historiens, ils n'analysent guère leurs sources et se contentent de les compiler avec un bonheur inégal, en utilisant parfois des textes aujourd'hui perdus.
Souvent issus des milieux ecclésiastiques, les chroniqueurs nous livrent le point de vue de l'Église sur l'histoire. Ils s'adressent à un public assez large — selon les normes byzantines — en utilisant une langue simple, voire populaire, qui nous renseigne sur l'évolution du grec médiéval. Si certains commentateurs ont pu être irrités par les naïvetés ou par l'étroitesse de vue des chroniqueurs, il ne faut pas oublier que, bien davantage que les historiens, ces derniers furent traduits ou imités au Moyen Âg […]
