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GLUCK CHRISTOPH WILLIBALD VON (1714-1787)

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4.  « Une belle simplicité »

La relative incompréhension dont Gluck est victime aujourd'hui vient en partie de ce que l'essentiel de son apport à l'histoire de l'opéra est d'ordre architectural : or il faut bien reconnaître que le spectateur moderne, habitué aux finales mozartiens et à la continuité wagnérienne, n'éprouve aucune admiration ni surprise particulière devant de grandes scènes d'action comme la confrontation entre Orphée et les Furies, ou la succession haletante d'événements sur laquelle se termine Iphigénie en Tauride. De même, la « belle simplicité » postulée par Calzabigi dans sa préface d'Alceste laisse parfois une certaine impression de fadeur, alors même que les contemporains y voyaient la mise à nu des émotions essentielles de l'âme humaine, la traduction musicale authentique des modèles euripidiens. La réhabilitation de Gluck passera sans doute par la redécouverte d'un style d'interprétation vigoureux et coloré, en particulier dans les récitatifs : à cet égard, il faut signaler que Calzabigi avait réclamé pour ses opéras viennois des chanteurs formés à l'opéra bouffe, et que Gluck apportait un soin maniaque aux représentations de ses tragédies lyriques parisiennes. Mais l'originalité de Gluck est tout autant à chercher dans les détails de son écriture musicale : c'est à Berlioz et à Donald Tovey, en particulier, que revient le mérite d'avoir attiré l'attention sur la diversité des carrures métriques dans des airs comme « Divinités du Styx » (Alceste, acte I, scène vii) ou « Peuvent-ils ordonner qu'un père » (Iphigénie en Aulide, acte I, scène iii), révélant un contrôle souverain du débit dramatique et du temps musical. Analysé d'aussi près, Gluck apparaît paradoxalement comme un maître de l'irrégularité et du déséquilibre dynamique – preuve que le néo-classicisme des Lumières n'était pas si austère et si solennel qu'on veut bien le croire.

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Écrit par :  Christian MERLIN

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ALCESTE (C. W. von Gluck)

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