Le nom de Christiane Rochefort demeure fermement lié aux années 1960 et 1970 qui l'ont vue apparaître sur la scène littéraire. De ces années, en effet, des évolutions que connaissait alors la société française – la consommation comme ultime forme de bonheur –, de ses immobilismes tout autant, la romancière s'est faite la contemptrice virulente, volontiers ironique, se taillant dès ses premiers livres une image d'anticonformiste rebelle à l'ordre, aux institutions quelles qu'elles soient, à l'autorité d'où qu'elle émane.
Née le 17 juillet 1917, à Paris, Christiane Rochefort connaît une adolescence et une jeunesse vaguement « désordonnées », selon ses propres termes. Étudiante en psychologie, elle pose pour des peintres pour gagner sa vie – parmi eux, entre autres, Chaïm Soutine –, puis tâte du journalisme à travers la critique cinématographique. Après la guerre, elle devient l'attachée de presse du festival de Cannes, fonction qu'elle occupera durant près de vingt ans, jusqu'en 1968, date à laquelle les organisateurs du festival décident de se séparer d'elle, arguant de sa participation aux troubles qui perturbent la manifestation cette année-là.
À cinquante ans, Chri […]
