Un extraordinaire talent d'illustrateur et de décorateur, une personnalité hors du commun, fantasque et nostalgique, ont assuré la notoriété de Christian Bérard. Ses amitiés avec les personnalités du théâtre, du ballet, de la mode et de la littérature, ses travaux d'illustrateur, sa vie mondaine et affective très animée ne l'ont pas empêché d'effectuer, parallèlement, une carrière de peintre pour des compositions et des portraits insolites, parfois pathétiques, qui situent son œuvre aux confins du surréalisme.
Fils d'un architecte, Bérard débute sa carrière artistique à l'académie Ranson (1920) : Édouard Vuillard et Maurice Denis sont ses maîtres. Un voyage effectué en Italie deux ans plus tard est déterminant pour l'esthétique de l'artiste : il admire la sobre clarté des fresques de Giotto, de Piero della Francesca et la sérénité énigmatique des personnages qu'ils représentent. Un passage à l'académie Julian (1924), puis quelques expositions, révèlent un peintre idéaliste, romantique et tourmenté. Il appartient au groupe d'artistes « néo-humanistes » qui peignent des scènes singulières, des portraits pensifs, des visions oniriques avec un certain accent surréaliste : Pave […]
