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CHOSE

Terme de la langue ordinaire dont la référence, une fois exclus les êtres animés, est purement contextuelle : telle « chose difficile », c'est ce sur quoi porte mon action tandis que je parle ; « la chose en question », c'est ce dont nous nous entretenons sans lui donner son nom usité ; « dites quelque chose » signifie « dites n'importe quoi pourvu seulement que ce soit pertinent dans la situation présente » ; de même, « il faut faire quelque chose ». Linguistiquement, le mot « chose » a le statut d'une quasi-variable de la langue ordinaire dont le domaine de substitution est défini pour chaque occurrence de manière contextuelle, implicite et pragmatique. Il existe de nombreux équivalents fonctionnels plus ou moins familiers : « truc », « bidule », « machin », entre autres.

Lorsque le mot « chose » a un sens propre, on doit distinguer :

– Chose et fait, chose et événement, la chose étant une réalité permanente statique, substantielle. Le titre d'un film tel que Les Choses de la vie connote le compte rendu d'événements survenant justement comme des réalités toutes familières et présentes à la manière des choses ; c'est une métaphore neuve qui transgresse de manière significative l'habituelle distinction de deux domaines.

– Chose et phénomène, distinction avec laquelle on passe de la langue commune à la langue scientifique ou philosophique ; c'est le réalisme naïf qui croit qu'il y a des choses, c'est-à-dire des réalités tangibles perçues telles qu'elles sont.

– Chose et objet, celui-ci étant le corrélat soit d'un sujet épistémologique qui le constitue à la manière kantienne, soit d'un sujet producteur qui le fabrique ; la chose est indépendante, dans son être, du sujet.

– Chose et réalité, celle-ci s'opposant implicitement au rêve, à l'idéal, à l'illusion. La chose est, si l'on peut dire, tranquille en elle-même et ne s'oppose à rien. On peut noter que Hegel est le premier à donner (au début de la Phénoménologie de l'esprit) un statut philosophique à la « choséité », simple support  […]

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