4. Utilisation extérieure du choral
Jusqu'à présent le choral n'a été traité que par rapport à lui-même. Mais il est bien souvent aussi employé soit comme élément de base d'une autre forme, soit comme élément allusif. Très souvent, il s'agit surtout d'une allusion au texte, le choral étant superposé à une forme préexistante, tel quel ou sous une forme ornée ou développée. Bien souvent aussi, le thème du choral est employé comme base de développement, étant ainsi assimilé à tout autre thème. C'est, par exemple, ce que fait Bach lorsqu'il écrit une cantate sur le texte d'un choral, comme Wachet auf. Souvent le choral intervient dans le premier et le dernier chœur, l'un en choral simple harmonisé, l'autre avec développement du thème. Enfin, en ce qui concerne les formes musicales en usage au temple, pendant longtemps la possibilité d'intercaler les chorals dans les différentes formes traitées a été admise, notamment dans les cantates et Passions, à titre de commentaire liturgique du texte poétique. En ce cas, l'intervention du choral est toujours justifiée par le texte : c'est ainsi, par exemple, que dans la Passion selon saint Matthieu, lorsque les Apôtres demandent au Christ : « Est-ce moi qui trahirai ? », intervient le choral : « C'est moi qui suis un pécheur », formant en quelque sorte la réponse à la question posée.
Le choix des mélodies n'est pas indifférent mais est commandé par le sens du texte. Les chorals étant connus de l'assemblée, le compositeur sait en effet qu'à elle seule une mélodie est capable d'entraîner une association d'idées. C'est ainsi par exemple que, dans le premier chœur de la Passion selon saint Matthieu de Bach, les mots du chœur « Comme un agneau » appellent en commentaire le choral de l'Agnus Dei et non pas un autre.
Depuis le xixe siècle, le choral proprement dit n'est plus forcément une mélodie traditionnelle. Pour César Franck et Honegger, par exemple, il représente un emprunt plus ou moins libre au style du choral.
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