2. Les harmonisations de chorals
Dès l'époque de Luther, les musiciens qui entouraient celui-ci, et principalement Johann Walther et Ludwig Senfl, commencèrent à harmoniser les cantiques, soit à une voix avec orgue, soit à quatre voix pour la maîtrise, ou encore pour « l'usage domestique », ce qui autorisait un syllabisme moins strict que pour le culte. Il en fut très vite de même pour les psaumes français qu'harmonisèrent Loys Bourgeois ou Goudimel, plaçant le choral tantôt au ténor, tantôt à la partie supérieure. À la fin du siècle, principalement avec Claude Le Jeune, les harmonisations devinrent peu à peu plus recherchées. Elles se multiplièrent tout au long du xviie siècle et eurent enfin en Jean-Sébastien Bach leur maître incontesté. Celui-ci harmonise ses chorals parfois simplement, parfois avec recherche, selon les exigences du texte et de l'emploi. C'est ainsi par exemple que, dans la Passion selon saint Matthieu, les mêmes chorals sont d'une harmonie de plus en plus tendue à mesure que le drame avance, et varient en accord avec le texte des différentes strophes, de manière à toujours s'accorder étroitement au sens des paroles de la strophe. Ce trait, du reste, n'est pas réservé au choral harmonisé et se retrouvera dans les innombrables chorals de Bach, quelle que soit leur forme.
Les harmonisations du choral sont fréquemment fondées sur les anciens modes de transition. Leur style syllabique, avec un accord par note, est commun, jusqu'à la fin du xixe siècle, aux réformés et aux catholiques. Elles sont toujours accompagnées instrumentalement, même lorsque la partie instrumentale n'est pas écrite ; le chant a cappella est resté à peu près inconnu avant le xxe siècle.
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