4. Traitement et prophylaxie
La rapidité de l'évolution du choléra, de la déshydratation et de la déminéralisation, de la menace d'acidose et d'urémie fait que le traitement doit être entrepris d'extrême urgence afin de compenser au plus tôt et très exactement les pertes en eau et en électrolytes des malades. Il s'agit d'une lutte de vitesse fondée sur l'administration par voie intraveineuse de solutions diverses (salées, glucosées, bicarbonatées, etc.) dont la composition et le rythme seront commandés à la fois par l'observation clinique (pouls, tension, etc.) et par la surveillance des constantes biologiques des malades. En association à ce traitement de base, certains antibiotiques (tétracycline, érythromycine, kanamycine, streptomycine, cette dernière étant moins active sur Vibrio El Tor que sur Vibrio cholerae) ont contribué à transformer le pronostic du choléra, à condition que le traitement de base demeure la restauration hydro-électrolytique. Parmi les sulfamides, sulfadiazine et sulfaguanidine ont donné des résultats inférieurs à ceux des antibiotiques.
De nos jours, le choléra, s'il est précocement et correctement traité, ne doit plus entraîner qu'une très basse mortalité qui reste fonction du mauvais état antérieur des malades (cardiaques, sujets carencés, misère physiologique).
La vaccination anticholérique par les vaccins classiques (corps bactériens tués) est peu efficace (50 p. 100 de protection pendant quatre à six mois) ; un vaccin administrable par voie buccale a été expérimenté. Récemment (2007), des biologistes (Nochi et al.) de l'université de Tōkyō ont mis au point un vaccin oral. Il a été produit par génie génétique : en communiquant un gène microbien (responsable de la formation d'une sous-unité de la toxine du choléra) à un végétal, le riz. Sous l'action du transgène, le riz ainsi traité élabore une protéine antigénique capable d'immuniser contre le choléra. Il peut, à cet effet, être utilisé comme vaccin.
La prophylaxie individuelle repose, d'une part, sur la chimioprophylaxie, efficace mais éphémère, d'autre part et surtout, sur les mesures d'hygiène visant à supprimer tout risque d'ingestion de vibrions : stérilisation de l'eau, du lait, traitement antiseptique des crudités, cuisson prolongée des aliments, etc. La prophylaxie générale en zone d'endémie repose sur l'amélioration des conditions de vie, l'éducation sanitaire des populations, l'aménagement de réseaux protégés d'eau potable et de réseaux d'eaux usées, le dépistage des porteurs sains, etc., et la vaccination en zone d'endémie.
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