2. Épidémiologie et diagnostic
La transmission du choléra se fait toujours par voie orale, soit directement par contact avec les selles d'un malade ou d'un porteur sain de vibrions, soit indirectement par ingestion d'eau ou d'aliments contaminés. L'origine hydrique domine l'épidémiologie du choléra, expliquant son endémicité dans les régions deltaïques aux populations entassées, ne disposant pas d'eau épurée mais d'eaux chargées de matières organiques assurant la survie des vibrions et régulièrement réensemencées par les malades (défécation, vomissements, linges).
L'homme est infectant par ses selles dès la période d'incubation, puis pendant la maladie, et peut le rester plus ou moins longtemps après la guérison. Les dernières épidémies ont été l'occasion de réviser les notions classiques sur le rôle des porteurs de germes, convalescents ou sujets ayant été en contact avec des cholériques. La responsabilité des porteurs de germes dans la contamination était jusqu'alors considérée comme minime par rapport à celle des sujets en période d'incubation de la maladie. Jusqu'en 1960, il était admis que la présence du vibrion cholérique chez les porteurs sains ne dépassait pas trente à quarante jours ; actuellement, nombre d'observations font état de délais pouvant atteindre plusieurs mois et aussi, dans un cas, trois ans. De même la proportion de ces porteurs sains parmi l'entourage des malades semble avoir été longtemps sous-estimée.
Il est possible que l'augmentation récente de la proportion des porteurs et des délais de portage soit en partie expliquée par les techniques récentes de dépistage des vibrions : celui-ci n'était fait, jusqu'en 1960, qu'à partir de selles normalement émises. En effet, l'examen de selles est précédé d'une purge au sulfate de magnésie qui expulse dans les selles les vibrions qui pouvaient se maintenir dans la vésicule biliaire. Cette méthode, beaucoup plus fidèle, décèle donc un plus grand nombre de porteurs sains et après des délais plus étendus que les techniques antérieure […]
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