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CHOLEM-ALEIKHEM ou SHOLEM ALEICHEM (1859-1916)

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3.  Son humour

Ces deux héros (dont le second est considéré par Romain Rolland comme le digne compère de son Colas Breugnon) émergent d'une vaste galerie de « petites gens à la petite mentalité » qui font rire sans cesse. On rit des situations absurdes dans lesquelles les met leur condition de parias. On rit aussi du langage spontané, pittoresque, souvent irrésistible que leur prête l'auteur dans ses « romans juifs », nouvelles, comédies, et surtout dans ses innombrables et désopilants monologues.

La langue de Cholem-Aleikhem est essentiellement parlée. Son yiddish, comme son humour, est populaire sans vulgarité, enjoué sans complexe ; il est riche, coloré, inépuisable ; il coule comme l'eau de source, comme la musique de Haydn et de Schubert. L'auteur laisse ses personnages se raconter avec leurs accents respectifs, leurs manies, leurs tics. Il s'en dégage une vitalité tragi-comique.

Le public non averti est souvent abusé par ce qu'on appelle couramment l'humour juif, qui se traduit par des anecdotes plus ou moins spirituelles où la cocasserie voisine avec la trivialité. C'est là un sous-produit frelaté, abâtardi, qui est aussi loin de Cholem-Aleikhem que les gauloiseries sont loin de Molière.

Car le véritable humour juif plonge ses racines dans la Bible, le Talmud, la vie traditionnelle, la longue errance parmi des peuples hostiles où il fallait lutter chaque jour pour sa survie. Il est sensible et discret, imprévu et humain. Il n'est pas satisfait et encore moins vengeur ; il est fait d'émotion, de pitié solidaire. Il « célèbre tragiquement les noces du rire et des larmes », selon le mot de Henri Heine.

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