1. Plastique ou esthétique ? Le cadre réglementaire français
La chirurgie esthétique est en France, depuis 1989, une discipline officielle bénéficiant d'une formation spécifique aboutissant à une qualification délivrée par le Conseil national de l'ordre des médecins.
Avant 1989, son statut était vague. Elle ne faisait qu'officieusement partie de la chirurgie plastique et reconstructrice qui s'est elle-même individualisée en France durant les années 1960. Cette dernière consiste à réparer les patients victimes de traumatismes, de maladies destructrices ou de malformations. Les reconstructions du sein à la suite d'un traitement pour cancer de celui-ci sont quasi automatiques aujourd'hui et de plus en plus performantes. Les techniques de réparation, qui font appel entre autres aux greffes et lambeaux (mobilisation d'une partie du corps vers une autre), ont rapidement progressé pour devenir très sophistiquées. Des transplantations microchirurgicales sur les membres ont été effectuées avec succès. Presque toutes les parties du corps peuvent être reconstruites. La récente hétérogreffe partielle du visage (nez, lèvres) chez une jeune femme défigurée par une morsure de chien (2006) en est l'illustration. Ces prouesses chirurgicales sont possibles par le contrôle beaucoup plus efficace des mécanismes immunitaires. La notion de service rendu en matière de reconstruction à la suite de traumatismes ou de maladies ne se discute pas. Cette chirurgie fait partie du cadre de l'assurance sociale.
Les patients ont ensuite consulté pour faire modifier des parties saines de leur corps. La seule motivation de cette demande était d'ordre psychologique. C'est précisément ce que l'on a appelé la chirurgie esthétique. Les patients ressentaient le besoin de faire modifier une partie de leur anatomie qu'ils trouvaient insupportable. Ces opérations non dictées par la nécessité médicale se sont inscrites d'emblée hors du champ de la couverture sociale. Les demandes n'étant pas toujours faciles à just […]
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