7. Architecture
• L'organisation de l'espace
Dans l'ancienne cosmologie chinoise, le Ciel étant conçu comme rond et la Terre comme carrée, l'espace est imaginé sous forme de carrés emboîtés, sortes d'espaces hiérarchisés autour du noyau que constitue la capitale, carré marqué par quatre portes aux quatre orients et centre de convergence des influences cosmiques. On aboutit ainsi à une image géométrique du monde, animée par tout un réseau élémentaire de correspondances spatiales. Les alternances et les oppositions inhérentes au mouvement de l'univers se retrouvent dans l'espace humain. Destinée à refléter cet ordre idéal, l'architecture chinoise a conservé des spéculations anciennes quelques principes essentiels, tels que l'orientation, la pureté géométrique des formes et la symétrie, souvenir d'une organisation dualiste du monde.
L'espace architectural se présente en Chine comme une série de mondes clos, complets, de la ville à la maison privée, qui constituent des unités indépendantes de plus en plus petites, répétant en microcosme les formes des unités plus grandes. Cette décentralisation n'est jamais signe d'anarchie ; en Chine, l'aménagement de l'espace fut toujours soumis à des règles, l'architecture y fut un art dirigé, contrôlé par l'État, destiné à assurer un cadre au système social, autant qu'à mettre de l'ordre dans l'univers environnant.
Orientation et axialité
Les notions d'ordre et d'harmonie se retrouvent dans les règles nombreuses et complexes qui président au choix d'un emplacement pour la construction de tout édifice. Les géomanciens versés dans le fengshui, littéralement « vent et eau », sont ainsi chargés de déterminer si la nature du terrain, la configuration du sol, la disposition des arbres, des rochers, des eaux de la région sont favorables aux esprits fastes et capables d'arrêter les esprits néfastes.
L'emplacement une fois fixé, l'architecte trace son plan sans perdre de vue l'axe principal de direction sud-nord. Le symbolisme de cette axialité est évident, car le n […]
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