15. Émaux
La technique des émaux sur métal, apparue en Chine au xive siècle, est la seule forme d'art chinois qui relève entièrement d'un apport étranger. Dès l'Antiquité, elle est connue dans le monde méditerranéen, et c'est à partir d'un centre existant en Asie Mineure au xiie siècle qu'elle a atteint la Chine. Elle y est devenue une des manifestations les plus somptueuses de l'habileté manuelle des Chinois et, plus encore, de leur sens des belles matières et des harmonies colorées. Destinés au culte, au décor ou à l'intimité du lettré, les cloisonnés chinois n'ont jamais été fabriqués pour l'exportation.
• Un art du verre
Les émaux sont des verres colorés fusibles, utilisés sous forme de pâte. Ils sont insérés dans des cavités du support métallique et la pièce est cuite à une température qui les fait fondre et adhérer au métal. Parmi les procédés qui existent pour former les alvéoles – émaux champlevés, repoussés ou cloisonnés –, c'est ce dernier qui a été le plus courant en Chine, avec un support de bronze ou de cuivre et des émaux opaques. De fines bandes de métal sont posées de champ sur le fond, délimitant les décors. Sous les Ming, ces cloisons sont en bronze, fixées par une soudure métallique ; plus tard, on emploie le cuivre et une soudure végétale qui disparaît à la cuisson : c'est alors l'émail qui maintient les cloisons. Le bord apparent de celles-ci est toujours revêtu de dorure.
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