4. Des fondements aux diverses traditions savantes
• Résurgence de la maladie démoniaque : incantations et charmes au sein du curriculum médical officiel
Les conceptions du corps, de la maladie et des traitements élaborées au début de l'empire vont imprégner durablement la médecine chinoise. Mais elles ne constituent pas un système définitivement clos. D'abord, à la fin des Han et au cours des Six Dynasties (220-589), lorsque s'effondrent l'empire et le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme font de plus en plus d'adeptes. L'idée que les maladies sont envoyées comme châtiments par des puissances divines sous la forme de démons épidémiques gagne du terrain. Ainsi refait surface la notion de maladie démoniaque et, avec elle, toutes les pratiques d'exorcisme, comme en témoigne par exemple le traité des Prescriptions valant mille pièces d'or de Sun Simiao (581-682), un médecin proche de la cour, qui réserve deux chapitres aux incantations. En fait, la suspicion de démons pathogènes perdure tout au long de l'histoire de la médecine. Les pratiques censées les dompter, charmes et incantations, sont par ailleurs hissées au rang de discipline officielle dans le cursus médical impérial défini par le Bureau impérial de médecine, depuis sa fondation sous la dynastie des Sui (581-618) jusqu'à la fin des Ming (1368-1644). Ainsi, l'émergence du paradigme Yin-Yang-Wuxing n'a pas mis un terme définitif au modèle explicatif divin qui, nous y reviendrons, sera, tout au long de l'histoire chinoise, au cœur de pratiques préventives et curatives extrêmement répandues.
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