3. Les fondements de la médecine des correspondances systématiques (Qin, Han)
À la fin des Zhou, une partie de l'élite a donc perdu la foi dans le modèle explicatif divin et voit désormais l'existence humaine comme dépendante des lois naturelles qui pénètrent l'univers. Ce nouveau style de raisonnement apporte des choses différentes. Pour la première fois, une image de l'intérieur du corps est verbalisée, une recherche des causes des maladies comme des traitements est exposée, même si de nombreuses contradictions existent entre les différents textes de cette époque, voire à l'intérieur d'un même texte.
• Le corps : un microcosme hiérarchisé à l'image du macrocosme
Selon ces textes, le corps humain est composé d'unités anatomiques-fonctionnelles parcourues par un réseau de canaux liant toutes les parties entre elles et acheminant des substances, en particulier le sang et le Qi. Douze canaux (« canal » est aujourd'hui préféré à « méridien » car il rend mieux compte de l'idée d'acheminement qui sous-tend les termes chinois) sont reliés aux onze ou douze entités anatomiques, classées en deux catégories : les Zang, dont l'étymologie évoque l'idée de stockage, localisés en profondeur du corps, comptent les reins, les poumons, le foie, la rate, le cœur et le péricarde, souvent associés en une seule unité ; les Fu, dont l'étymologie évoque à la fois l'idée de stockage mais aussi de centre administratif, sont en superficie et comptent l'estomac, l'intestin grêle, le gros intestin, la vessie, la vésicule biliaire et le triple réchauffeur. Il est clair qu'à cette époque une connaissance anatomique est disponible. Le Nanjing, en particulier, donne la taille et le volume de chacune de ces entités. Zang et Fu correspondent donc pour l'essentiel aux organes et viscères identifiés par l'anatomie moderne. Mais la fonction qui leur est alors attribuée leur confère un sens particulier. Les Zang
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