2. L'époque archaïque
• Les premiers documents
Épigraphie des Shang (xive-xie s. av. J.-C.)
Certains des historiens chinois actuels prétendent que l'origine de la littérature chinoise est à chercher dans les chants du peuple au travail se plaignant de l'oppression qu'il subit. Cela rejoint la théorie qui veut que les premiers modes d'expression de l'homme aient été la musique, la danse et des phrases dont le rythme correspondait à celui de la musique et de la danse. Mais ces auteurs chinois ajoutent que c'est dans les cadences du travail en commun que le peuple a découvert le rythme. Or nous avons, dans des ouvrages anciens, de courts textes rythmés qui nous sont présentés comme datant de la plus haute antiquité. Quoi qu'il en soit de la théorie, ces poèmes ont été généralement considérés comme apocryphes.
On peut donc admettre que les plus anciens documents écrits qui aient été retrouvés en Chine sont des inscriptions divinatoires tracées sur des écailles de tortues ou sur des os. Ces textes relatent des oracles tirés de l'interprétation des craquelures qui se formaient sur ces écailles ou sur ces os lorsque les devins en exposaient au feu l'une des faces ; sur l'autre face, les scribes inscrivaient généralement aussi bien la question que la réponse, par exemple : « Divination de tel jour : le roi chassera-t-il le cerf à tel endroit ? – Tel jour : pas de chasse, vent. » Un grand nombre de ces inscriptions divinatoires ont été exhumées, depuis la fin du xixe siècle, à Anyang, dans le nord de la province actuelle du Henan, capitale de la dynastie des Shang. Les paléographes chinois se sont efforcés d'établir la chronologie de ces inscriptions dont les dates semblent s'échelonner entre le milieu du xive et le milieu du xiie siècle avant J.-C.
Ces documents sont d'un grand intérêt pou […]
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