9. La mondialisation de la Chine
Au total, les défis chinois, tant internes qu'externes, deviennent interdépendants de l'insertion de la Chine dans le monde et donc de son degré grandissant de mondialisation. Il ne s'agit plus pour le gouvernement, comme dans les années 1980, de contrôler l'ouverture du pays, mais de répondre aux conséquences des écarts de richesses, de la modernisation intérieure – notamment des sociétés urbaines –, et de son articulation à l'économie et à la géopolitique mondiales. Le développement, la consommation des industries et des ménages, le boom automobile posent aussi les cruciales questions de la pollution de son environnement et de son approvisionnement en énergie. Ce pays doit en cela jouer désormais de ses solidarités ou concurrences internationales pour satisfaire sa demande intérieure.
Ces nouvelles dépendances et la fabuleuse croissance économique de la Chine depuis les années 1980 expliquent largement les nouvelles stratégies de la République populaire : son inscription dans toutes les institutions internationales ; la résolution de ses principaux litiges frontaliers avec la Russie ou le Vietnam ; sa volonté de s'imposer comme le grand de l'Asie face au Japon et aux États-Unis en participant aux réunions de l'A.S.E.A.N., en s'interposant dans la question nord-coréenne, voire en s'alignant sur le discours antiterroriste américain pour répondre aux défis de l'Asie centrale ; et, dorénavant, sa politique de positionnement tous azimuts sur les cinq continents.
En ce début de xxie siècle, nous sommes donc désormais face à une Chine mondialisée, dont les principes de puissance sont ceux d'un empire instrumentalisant voire satellisant – sans le dire – ses voisins (Corée du Nord, Birmanie...), et qui se pose progressivement la question d'une définition pour elle-même de ce qu'est une puissance mondiale. La puissance de la République populaire de Chine n'est évidemment pas celle d'un « gendarme du monde », elle n'en a ni les moyens, ni la culture polit […]
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