5. Le tournant des années 1990
Dans les années 1980, Hu Yaobang, puis Zhao Ziyang, et après la période post-Tiananmen (1989-1992), les réformateurs menés par Zhu Rongji ont constamment défendu une politique de transformation des structures économiques et sociales. Si une première période avait néanmoins ménagé les équilibres antérieurs, le tournant majeur date de 1992. Il se traduit par la relance des réformes et de l'ouverture, et surtout par la mise en place d'un nouveau mot d'ordre par le XIVe congrès du Parti communiste : la création d'une « économie socialiste de marché », que complète à l'occasion l'expression « aux caractéristiques chinoises ».
Les réformes sont radicales : elles portent sur la mise en place d'un vrai marché du travail, une politique de privatisation du logement, une remise en question des unités de travail (danwei) – qui offraient à leurs employés un travail à vie, le logement, les services de soins et d'éducation, l'assurance d'une retraite... – et, plus tard, sur la réforme définitive des entreprises d'État.
En 1994, les réformes fiscales du gouvernement comprennent un impôt uniforme de 33 p. 100 sur les entreprises, une T.V.A. de 17 p. 100 sur les biens manufacturés, un impôt à la consommation et un impôt sur le revenu individuel. Elles définissent surtout de nouvelles modalités dans le partage des ressources fiscales entre le Centre et les gouvernements locaux : à l'État central reviennent les droits de douane, la plupart des impôts perçus sur les secteurs économiques contrôlés par l'État et l'impôt à la consommation ; aux provinces reviennent les impôts directs sur les revenus des entreprises locales et d'autres taxes mineures. Pékin garde les trois quarts de la T.V.A. et redistribue le quart restant aux gouvernements provinciaux.
Cette détente fiscale autorise les grandes villes à conserver dorénavant une bonne partie de leurs revenus et à se lancer ainsi dans de véritables politiques de restructuration. Ainsi Shanghai n'est plus défavorisée […]
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