La Chine a choisi, dès la création de l'Empire au iiie siècle avant J.-C., une configuration politique d'unité pour répondre à l'immensité de son territoire. Identifiant son berceau historique à la moyenne vallée du fleuve Jaune, l'histoire officielle pose la Chine comme un foyer de civilisation central qui se diffuse depuis la plaine du Nord, fondant son rayonnement dans l'efficacité de son système politique et l'universalité de ses valeurs culturelles.
Aujourd'hui, la République populaire reste un État unitaire, subdivisé en provinces et non en États fédérés, alors qu'elle a les dimensions de l'Europe, et que la superficie moyenne de ses provinces est équivalente à celle de la Grande-Bretagne. Si la Chine abrite des populations d'ethnie non chinoise, elle leur a néanmoins reconnu une place intérieure grâce à sa politique des nationalités et se proclame ouvertement un État pluriethnique.
La Chine des réformes a, par ailleurs, fait le deuil des modalités historiques de sa prédominance impériale en Asie et dans le monde. Après l'enfermement national des années 1960 et les excès de la révolution culturelle, l'idée majeure de Deng Xiaoping tient dans le choix d'un développement économique facteur d'enrichissement intérieur mais aussi vecteur décisif de puissance dans le monde actuel.
La formidable croissance depuis 1978, relancée après 1992, a profondément bouleversé les structures économiques et sociales de la Chine. Les villes ont été transformées dans leur bâti et leur organisation, elles ont été largement étendues, et le monde urbain sera bientôt plus important en nombre que celui des campagnes. Le monde rural est, lui, éclaté en fonction de sa distance à la ville et de sa capacité à s'intégrer – ou non – aux réseaux économiques régionaux, nationaux, voire internationaux.
Le développement forcené à partir des années 1980 ne va toutefois pas sans contradictions. Il s'est accompagné d'une décollectivisation des structures sociales, faisant réapparaître chômage et inégali […]
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