1. L'instauration du communisme classique (1949-1955)
La victoire du communisme chinois en 1949 n'est le fait ni d'une révolution classique, comme en 1917 à Petrograd, ni d'un rapport de forces international, comme dans les démocraties populaires européennes en 1946-1947 ; elle est l'aboutissement de décennies de guerre civile, au cours de laquelle l'Armée rouge a fondé plusieurs gouvernements soviétiques et administré jusqu'à 80 millions d'habitants : c'est un pouvoir et ses rouages largement testés qui sont appliqués à la Chine entière en 1949.
Mais cette victoire n'est pas totale : communistes et idéologie révolutionnaire sont absents des villes d'où ils ont été éradiqués par Tchiang Kai-chek en 1927 ; le ralliement antijaponais, tantôt par patriotisme chez de nombreux intellectuels, tantôt par réflexe d'autodéfense dans la paysannerie, a joué un plus grand rôle que la volonté de révolution sociale. Les deux tiers de la Chine, conquis par une offensive militaire classique au cours de l'année 1949, n'ont guère eu l'expérience d'un mouvement communiste : celui-ci y manque de cadres et suscite souvent la méfiance.
Par-delà la « libération », que le nouveau régime célébrera symboliquement le 1er octobre, les révolutionnaires chinois devront d'abord instaurer leur ordre politique à l'échelle nationale, avant d'engager la construction du communisme dans leur pays : le bouleversement de la société servira, par d'immenses campagnes de masse, à cette première fin, tandis que le second objectif est envisagé, durant cette phase du régime plus orthodoxe et proche du régime soviétique, essentiellement sous l'angle de la croissance industrielle.
• La prise du pouvoir dans la société chinoise (1949-1952)
L'avènement du régime
De Pékin à Canton (2 300 km) en […]
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