3. Une nouvelle grande puissance économique et commerciale
• Grande puissance ou superpuissance ?
Économiquement, la Chine est de la taille d'une grande puissance européenne. Le Bureau national des statistiques de Pékin a publié en décembre 2005 une nouvelle estimation du P.I.B. qui résultait d'un recensement économique national plus complet que les précédents. Dans ce nouveau périmètre, le montant du P.I.B. en 2004 est 17 p. 100 plus grand que dans les précédents calculs. En 2004, le P.I.B. de la Chine converti en dollars au taux de change de 8,1 yuans pour un dollar des États-Unis représente 5 p. 100 du P.I.B. mondial, ce qui la place au sixième rang juste après la France. En 2006, elle dépassera le Royaume-Uni (qui est au quatrième rang), mais sera encore loin derrière le Japon (11 p. 100) et les États-Unis (26 p. 100). Certes, la Chine, comme la plupart des pays en développement, a un taux de change qui sous-évalue sa monnaie (en dépit d'une légère réévaluation faisant suite à une réforme du système de change opérée en juillet 2005), mais c'est à ce taux que s'opèrent ses transactions commerciales et financières avec le reste du monde. Si on utilise un taux de conversion qui reflète le pouvoir d'achat interne du yuan, le poids de la Chine dans l'économie mondiale est environ trois fois plus grand, mais ce type d'estimation est surtout utile pour mesurer le niveau de vie de la population ; il sert aussi à apprécier l'importance potentielle d'un pays émergent, dans la mesure où l'on admet que sa croissance économique s'accompagnera d'une appréciation de sa monnaie. Malgré leurs pressions réitérées depuis 2007, les États-Unis et l’Union européenne n’ont jamais obtenu de Pékin une réévaluation du yuan.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 9 pages…



