2. Les sociétés de chasseurs-cueilleurs
À quelques exceptions près, les sociétés de chasseurs-cueilleurs présentent un certain nombre de caractéristiques communes qui les distinguent des autres sociétés, agricoles, pastorales ou industrielles.
La première de ces caractéristiques est le nomadisme. Il répond en premier lieu à la nécessité de ne pas épuiser les ressources locales, en particulier celle que constitue le gibier, qui aurait vite fait de déserter les alentours de tout établissement fixe. Les déplacements du groupe sont ponctués par un rythme saisonnier régulier qui tient compte de l'abondance des principales ressources alimentaires accessibles dans les différentes localités aux diverses époques de l'année. Le nomadisme des chasseurs-cueilleurs obéit donc à un ordre et à une certaine rationalité de l'exploitation de l'environnement. L'habitation consiste en de simples huttes de branchages, en des tentes de peaux ou d'écorce, ou brise-vent, plus rarement en des abris sous roche.
En raison du nomadisme, la richesse en biens matériels reste limitée. Un principe d'économie préside à l'allègement maximal de l'équipement, en réduisant le nombre d'outils ou en concentrant sur le même objet de multiples fonctions techniques : ainsi, dans la partie la plus désertique de l'Australie, le propulseur est une arme de jet qui sert également de ciseau à bois, de récipient, de scie pour produire le feu par frottement. Un objet aussi lourd que la meule est abandonné sur place en même temps que le campement : on le retrouvera à cet endroit lors de la prochaine migration. De façon générale, les chasseurs-cueilleurs ne fabriquent pas de poterie.
La seule division sociale du travail en vigueur est celle qui est établie entre les sexes : l'homme chasse et la femme s'occupe de la cueillette des produits végétaux et du ramassage. Les sociétés de chasseurs-cueilleurs sont caractérisées par un profond égalitarisme : pas de classes sociales, ni de stratification, ni d'inégalités marquées en f […]
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